La problématique de l’assainissement des eaux usées issues d’un chenil

En Assainissement Non Collectif, l’Équivalent Habitant ne se résume pas toujours au 150 Litres / jour / Habitant !

Un distributeur en ANC, d’une grande enseigne nationale, me contacte aujourd’hui suite à une étude réalisée pour un projet particulier.

Selon son accent, je comprend rapidement qu’il se situe dans le SUD, bien loin de mon secteur. Toutefois, j’accorde volontiers quelques minutes à cet échange, passionné par la technique.

La problématique : traiter les eaux usées issues d’un chenil. Sujet que je connais bien, auquel j’ai déjà été confronté.

Le contexte : Un confrère bureau d’étude sur ce secteur a apparemment prescrit une filière compacte, sans nom, uniquement en définissant la capacité minimale en Équivalent Habitant qu’elle devra pouvoir accepter. Ce distributeur, consulté par le client final, doute sur ce choix et me sollicite pour avis, ayant tombé sur l’un de mes articles traitant du sujet.

Je pense en effet que ce distributeur a raison de douter. Prescrire sans nommer est une grave erreur dans ce cas particulier car la plupart des fabricants de filières compactes refuse de traiter les eaux usées issues d’un chenil. L’étude est alors fortement compromise.

De plus, l’étude semble uniquement s’être basée sur la charge hydraulique journalière pour définir l’Équivalent Habitant. C’est aussi une erreur car les eaux usées des chenils, même si les matières solides sont déposées en fumure, sont chargées de poils mais surtout chargées en biocides ( désinfectant ), comme imposé par la réglementation pour ce type d’installation, et très nuisibles à l’équilibre des dispositifs d’Assainissement Non Collectif. Mon confrère ne semblait pas être informé de cette situation problématique et de ces obligations réglementaires.

– 𝐏𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐢𝐥𝐬 : la mise en place d’un filtre à paille, placé en amont, dès la collecte, permet de piéger efficacement les poils. C’est d’ailleur le seul dispositif réellement efficace. Toutefois, il n’existe aucun modèle pré-fabriqué dans le commerce. Ce type d’accessoire est à fabriquer sur-mesures. Un exemple en photo, sans la paille. Une grille est placée en sortie pour éviter la migration de la paille et des poils. Cet accessoire nécessite un entretien fréquent avec le remplacement régulier de la paille et le nettoyage de la grille.

Filtre à paille pour rétention des poils de chien

– 𝐏𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐛𝐢𝐨𝐜𝐢𝐝𝐞𝐬 : la seule solution est, dans un premier temps, la mise en place d’une cuve tampon avec un temps de séjour asse long pour un premier abattement de cette charge problématique. Puis le mélange, par alimentation cyclée, à l’aide d’une pompe, de ces effluents à des eaux usées SEPTIQUES domestiques dans une fosse toutes eaux. La charge biocide problématique pourra ainsi être neutralisée grâce à la charge septique domestique. Enfin ces eaux pourront être dirigées vers un ouvrage de traitement (tranchées d’épandage, filtre compact, micro-station, phyto-épuration ou autres …).

L’échange a duré quelques dizaines de minutes et a été constructif !

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